Qualité de l’air intérieur : pourquoi il faut la mesurer avant de la subir ?

Qualité de l’air intérieur : pourquoi il faut la mesurer avant de la subir ? ChoiceDek

On passe environ 80 % de notre temps dans un bâtiment. Et pourtant, la qualité de l’air intérieur reste un sujet flou. On aère « quand on y pense ». Le souci, c’est que les pollutions intérieures ne se voient pas et ne se sentent pas toujours.

Mesurer la qualité de l’air intérieur, c’est voir l’invisible

Pour sortir du flou, rien ne vaut la mesure de la qualité de l’air. Une station méteo connectée ne sert pas qu’à surveiller la météo du jardin. Le modèle de Netatmo, par exemple, possède un module intérieur qui suit le dioxyde de carbone (CO2), l’humidité, la température et même le bruit. Les données arrivent sur le smartphone, avec une alerte lorsque le taux de CO2 grimpe trop. En pratique, on découvre parfois qu’une chambre fermée dépasse les 1 500 ppm de dioxyde de carbone au réveil.

Le CO2 est un indicateur de confinement : il permet d’évaluer si l’air d’une pièce est suffisamment renouvelé. Dans le cadre des critères réglementaires de mesure, une concentration supérieure à 1 500 ppm signale un renouvellement insuffisant de l’air. C’est notamment un niveau à surveiller dans les chambres et les pièces peu ventilées.

D’où vient la pollution de l’air intérieur ?

Les sources de pollution de l’air intérieur sont nombreuses. Certaines sont liées au bâtiment, d’autres à nos habitudes.

Produits, matériaux et composés organiques volatils

Les composés organiques volatils (COV) sont émis par de nombreux produits : peintures, colles, vernis, meubles en bois aggloméré, produits d’entretien, bougies parfumées. Le formaldéhyde est l’un des plus connus de ces composés. Il peut se dégager des matériaux de construction pendant plusieurs mois. Après des travaux, les concentrations de COV et de formaldéhyde peuvent donc rester élevées durant un certain temps.

Gaz, radon et humidité

Les appareils à combustion sont une autre source de pollution : ils peuvent rejeter du monoxyde de carbone et des oxydes d’azote, dont le dioxyde d’azote. Le radon est un gaz radioactif naturel qui remonte du sol et peut s’accumuler dans certains bâtiments. Il concerne notamment des territoires comme la Bretagne, le Massif central et la Corse, mais le risque dépend surtout de la géologie locale. L’exposition au radon est un véritable enjeu de santé. Enfin, une humidité trop importante favorise l’apparition de moisissures, qui peuvent dégrader la qualité de l’air et nuire à la santé respiratoire.

Ce que disent les études sur l’air intérieur

Ce que disent les études sur l’air intérieur ChoiceDek

Le second bilan de l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs présente des résultats contrastés. Côté positif, les taux de formaldéhyde (-28 %) et de benzène (-47 %) ont nettement chuté en quinze ans, grâce aux nouvelles normes d’étiquetage. Côté négatif, plusieurs substances restent trop élevées :

  • Particules fines (PM2,5) : 70 % des foyers dépassent le seuil recommandé.
  • Radon : 8 % des habitations franchissent la limite légale.
  • Formaldéhyde : 6 % des logements restent au-dessus de la valeur repère.
  • Dioxyde d’azote : 3 % dépassent les consignes de l’OMS.

En résumé, si la qualité de l’air s’améliore globalement, la pollution intérieure reste une réalité très variable d’un bâtiment à l’autre.

Mesurer d’abord, agir ensuite

Sans mesure, on agit un peu au hasard. Avec un capteur, on peut repérer les pièces qui posent problème et les moments où la qualité de l’air se dégrade. Ensuite, on corrige :

  • Ouvrir grand les fenêtres pendant 10 minutes, matin et soir, même en hiver, en créant un courant d’air si possible.
  • Vérifier que la ventilation (VMC, bouches) n’est pas encrassée.
  • Choisir des produits et des matériaux de construction étiquetés A+, à faibles émissions de COV.
  • Aérer davantage après la douche, des travaux ou l’utilisation d’appareils à combustion.
  • Faire mesurer le taux de radon si la commune est classée à risque, en consultant la cartographie officielle du potentiel radon.

Une bonne ventilation reste la base. Mais elle ne suffit pas toujours et c’est la mesure qui permet de s’en rendre compte. Des niveaux de CO2 qui restent élevés malgré la VMC, un taux d’humidité bloqué à 70 %… Ce sont des signaux concrets qui méritent qu’on s’y intéresse.

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